Le cinéma n’a jamais été un simple divertissement. En République Démocratique du Congo, durant la période coloniale (1917-1960), le 7ᵉ art constituait un puissant outil d’encadrement, soumis à une censure stricte. En juin 2026, nos seniors des cellules ASJ de Debonhomme et de Badara ont partagé leurs souvenirs avec Engelart Willems, chercheur doctorant belge UGent-ULB.
Une Collaboration Scientifique UGent – ULB et Mémorielle
C’est avec un grand honneur que l’ONG Amitié Seniors et Jeunes (ASJ) a accueilli Engelart Willems, historien et doctorant à l’Université de Gand (UGent) et à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Actuellement à Kinshasa pour conduire sa thèse sur la censure cinématographique en RDC sous la colonisation, le chercheur s’est appuyé sur l’expertise de notre organisation.
Les échanges se sont déroulés en juin 2026 dans nos cellules de Debonhomme et Badara, en présence remarquable de Monsieur Neré de l’Institut National des Archives du Congo (INACO). La modération a été assurée par Darwin Mumete, journaliste et chargé de communication de l’ASJ.
De la Mission Catholique au Premier Écran
Pour nos seniors Venda et Euphrasie, le premier contact avec la toile blanche s’est fait au village. Senior Venda se remémore les séances organisées par les sœurs à la mission catholique de Mwilambongo, territoire d’Idiofa. Senior Euphrasie partage des souvenirs similaires à la mission de Kisanji. En milieu rural colonial, l’écran était un instrument d’évangélisation contrôlé par l’Église, une première forme de censure par l’offre.
Kinshasa, la Censure et l’Impact de Django
Jean Towela, originaire de Djolu (Équateur) où il a vu un documentaire sur l’exploitation du caoutchouc, apporte un éclairage sur la capitale. Arrivé en 1969 à la Gombe (Kalina), il témoigne de la régulation stricte :
« Pour voir un film, il fallait quitter la Gombe et se rendre dans les communes de Bandalungwa ou Kintambo. Certains films étaient strictement réservés aux Blancs. »
La plage 13h-17h était dédiée aux enfants, la soirée aux adultes. Il se souvient du raz-de-marée des westerns, en particulier du mythique Django, dont le style a profondément marqué la culture des jeunes kinois.
L’ASJ : Transmettre l’Histoire
À travers ces récits, l’enquête UGent / ULB d’Engelart Willems démontre la valeur de la mémoire orale. L’histoire du cinéma au Congo ne s’écrit pas seulement dans les archives, mais aussi dans les souvenirs vivants de nos aînés.
